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Côte d’Ivoire : Environ 600 000 tonnes de noix de cajou transformées en 2025

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La Côte d'Ivoire a franchi en 2025 un seuil historique dans la transformation de la noix de cajou. Selon les estimations du cabinet indépendant N'kalô, relayées par des sources consultées par Sika Finance, l'industrie locale a transformé environ 600 000 tonnes de noix, soit une forte progression de 67% en un an. Un volume inédit qui propulse le pays très loin devant ses voisins et consacre Abidjan comme le cœur industriel de la filière anacarde en Afrique de l'Ouest.

À lui seul, ce stock représente près de 82% de la production totale d'amandes transformées dans la région, estimée à 732 000 tonnes en 2025. Autrement dit, plus de 8 amandes de cajou transformées sur 10 en Afrique de l'Ouest sortent aujourd'hui des usines ivoiriennes, illustrant un basculement profond dans une filière longtemps dominée par l'exportation de noix brutes vers l'Asie. Si N'kalô ne livre pas d'analyse détaillée des déterminants de cette envolée, plusieurs facteurs structurels permettent d'en comprendre la dynamique. En 2025, les industriels ivoiriens ont bénéficié d'une meilleure disponibilité de la noix brute sur le marché local. Le Conseil du coton, de l'anacarde et du karité (CCAK) souligne notamment le renforcement de la lutte contre la contrebande, qui a permis de limiter les sorties informelles de la production vers les pays voisins et de sécuriser l'approvisionnement des unités de transformation nationales.

Voir aussi - Côte d'Ivoire : Le prix de la noix de cajou fixé à 400 FCFA/kg pour la campagne 2026

À cet effet domestique, s'est ajouté un contexte international moins favorable aux exportations de noix brutes. L'annonce par les États-Unis d'une hausse des droits de douane sur certains produits transformés a contribué à refroidir l'intérêt des acheteurs asiatiques, en particulier en Inde et au Vietnam, principaux débouchés traditionnels de la noix ivoirienne non transformée. La baisse de la demande étrangère a mécaniquement réduit la concurrence pour l'accès à la matière première, laissant davantage de volumes disponibles pour les transformateurs locaux.

Derrière Abidjan, le Bénin arrive loin en deuxième position avec 50 000 tonnes transformées, certes un record historique et un volume deux fois supérieur à celui de 2024, mais sans commune mesure avec la capacité ivoirienne. Cette performance béninoise s'explique en grande partie par une interdiction pure et simple de l'exportation de noix brutes, entrée en vigueur en avril 2024, afin de forcer la transformation locale et de maximiser la valeur ajoutée captée sur le territoire. La Côte d'Ivoire, de son côté, a opté pour une approche plus graduelle, instaurant des périodes exclusives d'accès à la matière première au profit des transformateurs locaux durant les campagnes de commercialisation, tout en maintenant une certaine ouverture aux exportations.

Le Ghana complète le trio de tête avec 15 000 tonnes transformées en 2025, en hausse de 7% sur un an, mais reste à la traîne et même en deçà de son pic récent de 16 000 tonnes. Les autres pays producteurs de la région enregistrent des performances stagnantes, voire en recul, confirmant que la montée en puissance de la transformation reste encore très inégalement partagée.

Publié le 09/02/26 09:08

Narcisse Angan

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